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Santé

Ivresse alcoolique : Danger!

Ivresse alcoolique : Danger!

L’ivresse alcoolique  se définie comme un état d’excitation psychique et d’incoordination motrice dû à l’ingestion massive de boissons alcooliques.

Comment en arrive-t-on à l’état d’ivresse alcoolique ?

Sous emprise de l’alcool et dans une atmosphère alcoolisée, certaines personnes procèdent par comparaison pour jauger de leur propre état d’ivresse alcoolique. L’argument avancé, consiste à se dire que l’on boit moins d’alcool que ses amis, ses frères ou ses collègues, avec lesquels l’on est attablé, en somme moins que quelqu’un d’autre.

Ainsi, lorsqu’on s’adonne à la consommation d’alcool en groupe, moins on s’estime ivre, et plus on néglige les risques liés à sa consommation d’alcool pour la santé. C’est le résultat d’une étude publiée par la revue en ligne BMC Public Health.

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Le «binge drinking»

C’est le terme en vogue dans les pays anglo-saxons pour désigner cette pratique très répandue dans le milieu de la jeunesse et qui consiste à boire de façon répétée de très grandes quantités d’alcool dans le but d’être complètement ivres. Cette pratique est également retrouvée en Afrique sous diverses appellations dont « dahico» en Côte d’Ivoire.

Certaines personnes n’hésitent d’ailleurs pas à consommer en peu de temps, des boissons alcoolisées importées et/ou de fabrication artisanales à savoir : bandji, koutoukou ou gbêlê, tchapalo, hâ, seung, etc.

Si dans les pays occidentaux, et en France en particulier cette pratique touche surtout les sujets jeunes (14 % des 15-24 ans et 10 % des 25-34 ans), en Afrique la tranche d’âge va bien au-delà et touche également les sujets adultes.

En Afrique du sud par l’exemple, l’autorité chargée des drogues, reconnaît que « plus d’un tiers des Sud-Africains (37%) consomment de l’alcool du vendredi au lundi matin et sont donc saouls tout le week-end ». Ce comportement n’est pas singulier à l’Afrique du sud puisqu’il est retrouvé sur l’ensemble du continent.

Les conséquences sur la santé des états d’ivresse alcooliques

Le « binge drinking », cette pratique qui consiste à boire de façon répétée de très grandes quantités d’alcool dans le but d’être complètement ivre, à des répercussions sur la santé.

Certaines personnes s’adonnent au «binge drinking» sous forme de jeux à boire ou concours. Il n’est pas rare que ces états d’ivresse alcooliques se compliquent de coma dit éthylique, voire par le décès de certains protagonistes.

A titre d’exemple l’Afrique du Sud compte plus de 7000 décès annuels liés à la consommation d’alcool.

En Afrique sub-saharienne, en 2010, la consommation d’alcool a été le principal facteur de risque de décès et d’invalidité selon les travaux publié par Lim et collaborateurs en 2012.

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Plusieurs études ont été conduites par divers équipes de chercheurs, en vue d’évaluer les conséquences de l’ivresse alcoolique sur la santé. Pour ce faire, des IRM cérébrales avec diffusion et des tests cognitifs ont été effectué.

Le constat est édifiant, avec cependant une différence entre les hommes et les femmes.

Chez l’homme le « binge drinking » a des répercussions anatomiques visibles sur le cerveau, notamment sur les fibres nerveuses encore appelée axone, perturbant ainsi la connectivité entre les neurones. Cela se traduit sur le plan pratique, par une moins bonne mémoire de travail, celle qui nous permet de retenir à court terme des informations dont nous avons besoin, pour comprendre un raisonnement, lire, chercher une information, apprendre, etc. Cette mémoire de travail est récupérée en moyenne 8 jours après un état d’ivresse alcoolique.

Chez les femmes, les fibres nerveuses sont peu affectées. En revanche, on observe des altérations du corps cellulaire, c’est-à-dire du cœur des neurones. En pratique, leurs performances intellectuelles sont aussi dégradées, mais en outre, cela durent dans le temps, car ces atteintes sont toujours visibles même un an après l’arrêt des états d’ivresse alcooliques. Les études montrent que même si les nerfs récupèrent un peu, ils vont laisser des séquelles à l’âge adulte.

Ainsi, bien que l’ivresse alcoolique répétée se traduise par des différences sur le plan anatomique entre les hommes et les femmes, sur le plan fonctionnel elle engendre une dégradation des capacités intellectuelles, sociales et émotionnelles. En effet, elle induit dans les deux cas, une même difficulté à se concentrer et à apprendre, une surinterprétation des émotions des autres, pouvant conduire à des réactions violentes ou, à l’inverse, à des relations sexuelles et amoureuses facilitées. Ce qui peut aboutir à des grossesses non désirée, ou favoriser la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST) ou des maladies sexuellement transmissibles (MST) tel que le VIH/SIDA, l’hépatite B, l’herpès, la syphilis, etc. En effet sous l’emprise de l’alcool le port du préservatif est parfois relégué aux oubliettes.

Les cas d’ivresse alcooliques chez la jeune femme, chose que l’on n’observait  rarement dans les sociétés Africaines, sont aujourd’hui facilités par l’avènement des réseaux sociaux. L’autorisation de la publicité pour l’alcool sur les media classique et internet, combiné à la recherche effrénée de valorisation de soi sur les réseaux sociaux, ce  accessible à tous, a conduit à la banalisation et à l’augmentation du nombre de cas d’ivresse alcoolique dans les deux sexes.

Quelles recommandations face à l’ivresse alcoolique

Les personnes qui s’adonnent au « binge drinking », mettent sans le savoir leur vie en danger. Au mieux des cas, elles s’en sortent avec des neurones abîmés qui mettront plusieurs jours ou mois avant de récupérer. Au pire des cas, les états d’ivresse alcooliques peuvent s’achever par une hospitalisation en urgence pour coma éthylique, voire la mort du consommateur.

Quant aux personnes qui s’adonnent à la consommation excessive de boissons alcoolisées sans pourtant arriver au stade d’ivresse alcoolique, leur pronostic vital n’est pas engagé, mais elles subissent également une détérioration progressive et inexorable de leurs neurones.

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Que ce soient les boissons importées ou les boissons de fabrication artisanales, elles ont toutes des répercussions sur plusieurs organes vitaux autres que le système nerveux, à savoir le foie, le rein, le tube digestif, le cœur, les vaisseaux etc.

Par ailleurs, pour les personnes qui sont sous traitement médical, il n’est pas recommandé de consommer des boissons alcoolisées pendant qu’elles prennent des médicaments, et dans certains cas, cela est même formellement contre-indiqué.

Alors si l’envie de boire est irrésistible et incontrôlable, désignez au moins une personne dans le groupe qui ne boira pas ou qui restera sobre, et qui sera chargée de dire STOP aux autres, afin d’éviter les états d’ivresse alcoolique ou de consommation excessive d’alcool.

Dr ETTIEN Félicien

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