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Quand faire l’amour est douloureux ou dyspareunie ; est-ce si fréquent ?

Quand faire l’amour est douloureux ou dyspareunie ; est-ce si fréquent ?

La dyspareunie se définit comme une douleur ressentie lorsque l’on fait l’amour.

La dyspareunie peut survenir aussi bien chez l’homme que chez la femme. Cependant, force est de constater qu’elle est bien plus fréquente chez la femme.

Les femmes qui souffrent de dyspareunie sont pour une partie d’entre elles, réticentes à parler de cette douleur lorsqu’elles font l’amour à leur partenaire et/ou à leur médecin.

Quelle est la proportion des femmes qui souffrent de dyspareunie ? Et si possible combien sont-elles à garder le silence ?

Douleur sexuelle ou dyspareunie, pourquoi ce silence ?

Quelques exemples dans le monde

Le cas de la Suède

Une étude menée par Eva Elmerstig de l’Université de Malmö en Suède en 2012 avait pour but de déterminer la prévalence des femmes qui continuent d’avoir des rapports vaginaux malgré la douleur, et qui évitent d’en parler au partenaire en simulant le plaisir. Cette étude s’est basée sur un échantillon de femmes vivant en Suède.

Ainsi, elle a permis de révéler que jusqu’à 37% des femmes sexuellement actives, âgées de 18 à 22 ans ont signalé présenter des douleurs lorsqu’elles font l’amour ou dyspareunie chronique (soit un chiffre de 576 sur 1566 femmes incluses dans l’échantillon).

53% des femmes qui présentaient une dyspareunie ou douleur lorsqu’elles font l’amour n’en ont pas parlé à leur partenaire (soit un chiffre de 306 sur 576 femmes qui présentaient une dyspareunie).

Le cas des Etats-Unis d’Amérique.

Une étude a été menée par Allison Carter (université de Sydney) en 2018. Cette étude avait pour but d’examiner les douleurs rapportées par les femmes lorsqu’elles font l’amour. Elle s’est particulièrement attachée à déterminer :

  • le siège de la douleur ;
  • si elles en avaient parlé à leur partenaire ;
  • les facteurs associés à la non-divulgation de leur douleur ;
  • et les raisons de ce silence.

Cette étude, basée sur un échantillon de femme vivant USA, a révélé que jusqu’à 20% des femmes sexuellement actives âgées de 14 à 49 ans ont signalé des dyspareunies lorsqu’elles font l’amour, au cours de la dernière année (soit un chiffre de 382 sur 2007 que comptait cet échantillon).

49% des femmes victimes de dyspareunie n’ont pas jugé utiles de parler de la douleur lorsqu’elles font l’amour à leur partenaire, (soit un chiffre de 189 sur 382 femmes qui présentaient une dyspareunie)

Le cas de l’Afrique

Peu d’études en Afrique ont abordé ce thème.

Cependant, marquons une pause sur l’étude menée par AM Elnashar de l’université Benha d’Egypte qui s’est déroulée entre 2002-2003, dont le but était d’évaluer la prévalence et les facteurs associés au dysfonctionnement sexuel féminin.

Cette étude basée sur un échantillon de femme vivant en basse Egypte, a révélé que jusqu’à 31.5% des femmes sexuellement actives âgées de 16 à 49 ans souffraient de dyspareunie lorsqu’elles font l’amour (soit un chiffre de 203 sur 645 femmes prises en compte dans l’échantillon)

87% des femmes victimes de dyspareunie n‘ont pas parlé de la douleur lorsqu’elles font l’amour à leur partenaire (soit un chiffre de 599 sur 645 femmes prises en compte dans l’échantillon)

Douleur sexuelle ou dyspareunie, les causes !

 Que retenir ?

Dans l’ensemble, entre 20 et 40% de femmes sont sujettes à de dyspareunie lorsqu’elles font l’amour. Ceci quel que soient les pays ou les continents.

Dans les sociétés occidentales qui sont réputées pour la liberté sexuelle et la liberté de parole, force est de constater que le nombre de femmes qui n’osent pas exprimer leur souffrance à leur partenaire avoisine les 50%. Ce qui représente une proportion assez élevée de femmes compte tenu du contexte.

Quant à la société Africaine, qui est connue pour être plus rigoriste, le nombre de femmes qui gardent le silence sur la dyspareunie lorsqu’elles font l’amour avoisine les 90%. Il est pratiquement deux fois plus important qu’en Occident.

Douleur sexuelle ou dyspareunie, quelles conséquences ?

L’ouverture de l’Afrique au monde moderne, n’a que peu d’impact sur cet aspect de la culture Africaine, qui veut que la femme n’exprime pas ses sentiments, au propre comme au figuré, lorsqu’elles font l’amour.

In fine, quel que soit le type de société, les femmes ont toutes dans des proportions moyennes à élevées, des difficultés à exprimer leur souffrance lors des relations intimes. Il revient à l’homme d’être un peu plus attentionné.

Dr Ettien Félicien

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